Les Alcools dans la Passe du Dragon et chez les Lunars

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Re: Les Alcools dans la Passe du Dragon et chez les Lunars

Message par 7Tigers »

ChucK a écrit : mer. 27 avr. 2022 11:31 Je cherchais justement à savoir à quoi pouvait ressembler le Vinclair, histoire d'en servir un similaire lors de mes parties : clair et sec , me voilà bien
https://fr.wikipedia.org/wiki/Vin_de_glace propose:
Les cépages estimés les plus nobles sont le riesling, le grüner Veltliner et le gewurztraminer mais on trouve également du chardonnay, du vidal.
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Re: Les Alcools dans la Passe du Dragon et chez les Lunars

Message par 7Tigers »

Un bol en verre coloré romain, trouvé dans la région du Vésuve et enterré lors de l'éruption de 79 après J.-C. Il était peut-être déjà presque antique à cette époque, car il a été fabriqué environ 30 à 80 ans plus tôt:

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Re: Les Alcools dans la Passe du Dragon et chez les Lunars

Message par 7Tigers »

Jeff Richard:

Substances Enivrantes, Addiction, et Stéréotypes Culturels

Chez les Orlanthi, les substances enivrantes comprennent le vin (pour les festins et les célébrations religieuses), la bière (pour la boisson quotidienne et le plaisir), le cannabis, la brumia (hazia en VO), l’herbe de rêve, l’opium, et toutes sortes de champignons. Le vin et la bière sont souvent « aromatisés » d’herbes ou de narcotiques.

Les Dara Happans ont toujours considéré les Orlanthi comme efféminés et mous, enclins à l’excès et à la passion, et trop amateurs de luxe. Je pense que le goût orlanthi pour les intoxicants (souvenez-vous qu’Orlanth lui-même s’envoyait régulièrement une dose de Grande bière noire folle avant de partir en quête) fait partie du tableau.

Un bon Gironais lunar voit les Orlanthi comme un peuple gouverné par ses femmes, sans maîtrise de soi, indiscipliné et désorganisé. On les achète facilement, mais ils ne restent pas achetés. Ils sont efféminés : leurs tatouages et leurs fards le prouvent, et le soin qu’ils portent à leurs cheveux et autres parures ne fait que renforcer cette impression. Leurs femmes vont seins nus et s’accouplent comme des bêtes, répudiant leurs maris pour des amants.

En même temps, je soupçonne l’élite lunar de s’adonner en secret aux « vices orlanthi », et l’on peut très bien gagner sa vie à faire entrer boissons et narcotiques orlanthi dans le Giron.

Q:
Je pensais que la brumia était du cannabis, ou du moins un analogue.

Jeff Richard:
Oh que non. La brumia est davantage un opiacé. Ce n’est pas de l’opium. La brumia est une substance euphorisante tirée des étamines broyées d’une plante originaire de la Forêt puante.

Anecdote:
la brumia vient d’Ursula Le Guin, et a été adoptée en Glorantha. Les effets restent [ voir Le Bestiaire ] assez proches de ceux décrits dans le troisième livre de Terremer, Le Plus Loin des Rivages.

Michael O’Brien:
Je vois la brumia comme quelque chose qui n’est pas sans rappeler le kava, cette racine psychoactive qui ouvre l’esprit et sert de libation cérémonielle, religieuse et sociale dans les îles du Pacifique depuis des millénaires. Le soir, les gens de Vanuatu se retirent dans un nakamal — une sorte de maison commune du village — pour boire rituellement et convivialement le kava dans une coupe partagée. Même pour les buveurs aguerris, c’est très amer, et la langue s’engourdit (je parle d’expérience). Mais contrairement à l’alcool, qui peut rendre querelleur, plus on prend de kava, plus on devient détendu et ouvert. Même si la direction puritaine du Comté du Soleil, à Prax, a interdit la pratique, j’imagine que les fermiers s’y faufilent encore vers des huttes cachées dans les champs pour prendre de la brumia, se délester un moment de leurs soucis et être en paix avec l’univers.

David Cake:
Dans le livre de Le Guin, on ne savait jamais vraiment si la brumia était elle-même un problème : elle paraissait être une drogue euphorisante qui permettait aussi un certain contact avec le monde Inférieur / l’Autre Côté (donc très proche de la brumia gloranthaise) ; et si beaucoup étaient dépeints comme menant des vies ravagées par l’addiction à la brumia, on montrait aussi que ce n’était qu’un symptôme d’un grand malaise spirituel aux multiples visages. La cause profonde est un sorcier qui, pour devenir immortel et ne plus mourir, a ouvert un trou entre le monde Inférieur et le monde des vivants, trou qui aspire la vie. Dans les livres suivants, l’addiction à la brumia n’est plus présentée comme un problème : il semble que ce ne soit plus le même problème lorsque le monde est en ordre.

Jeff Richard:
L’addiction aux drogues est probablement assez répandue — du moins la dépendance psychologique. Nous savons que la brumia est très addictive (voir les règles), bien que le cannabis et les champignons ne créent pas de dépendance physique. D’après mes joueurs, il est rare que j’aie une compagnie d’aventuriers sans au moins un dépendant.

Andrew Logan Montgomery:
Le sujet de l’addiction aux drogues dans un contexte gloranthien fait s’agiter quelques drapeaux rouges dans mon cerveau.

Oui, je sais. Nous, au XXIe siècle, sommes tellement plus évolués que nos aïeux, mais le fait est que nous n’apprenons pas. Pire : nous persistons à croire que nous savons mieux.

Y avait-il des Grecs pour s’inquiéter du vin ? Oh que oui. Mais les fidèles de Dionysos comprenaient une tout autre vérité. Il existe une théorie — si quelqu’un s’ennuie VRAIMENT, je lui indiquerai les revues savantes — selon laquelle Dionysos et Shiva auraient un ancêtre commun. En tant que sanskritiste, je dois reconnaître la nécessité du soma à chaque sacrifice védique. Je crois que nous, bons petits matérialistes du XXIe siècle, voulons réduire le vin à sa chimie. Les drogues aussi. Les Anciens savaient seulement que ces substances avaient un Pouvoir, et qu’elles Ouvraient les Portes.

Pour rejoindre Jeff : je trouve les Orlanthi bien plus raffinés que les Dara Happans à bien des égards. Leur souplesse à l’égard du genre, l’égalité des sexes. Tout cela découle d’une société qui place l’individu au premier rang. La disposition du mâle orlanthi à se soumettre — à sa femme ou à l’ivresse — est à mes yeux un signe de force. Fiez-vous à moi. Prenez du peyotl, un jour. Il s’agit tout entier d’abandon. Tu sais que tu n’as aucun contrôle sur ce qui va suivre, mais tu consens à descendre dans ce monde Inférieur.

L’« addiction » aux drogues est un concept si profondément moderne. Je me demande même s’ils y pensent du tout en Glorantha.

Jeff Richard:
Par exemple, j’imagine souvent que, sur les aires de crémation où l’on brûle les cadavres, les humakti jettent souvent des herbes enivrantes dans les braises, puis restent là, à contempler la Mort.

Et ce pourrait bien être là un motif humakti courant :

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David Cake:
Ou boire le « nectar de sagesse » dans des coupes-crânes (pour emprunter une image au Chöd).

Ian Cooper:
A-t'on des idées sur la « légalité » des narcotiques ? À ma connaissance, la « prohibition » est une idée assez récente, même si, comme Jeff le dit, une société peut avoir des normes sur les usages acceptables. Je pose la question parce que les joueurs aiment avoir des contrebandiers, et les contrebandiers ont besoin d’une forme de prohibition. (Que vont faire tous ces fidèles de Krarsht s’ils ne peuvent pas monter un peu de crime organisé ?) On se prive d’une bonne part de MGF / Poilade Ludique Maximum) si l’on n’a pas de contrebandiers. En suggestion : à la place de la prohibition, on peut probablement tirer du MGF / PLM pour les contrebandiers de la fiscalité ; d’ailleurs, historiquement, la contrebande a bien plus souvent porté sur les marges que sur le contournement d’une interdiction. Je peux imaginer des sociétés qui se servent de la taxation, un peu comme aujourd’hui, pour pousser vers une quasi-prohibition visant les « travailleurs » qui abusent des substances au détriment de leur labeur, tout en laissant le champ libre aux riches. Mais vu l’endroit où les contrôles pourraient s’exercer, cela semblerait surtout une idée urbaine, entre les mains des autorités civiques, avec des taxes à l’importation et des établissements ou des temples « licenciés » pour la vente et l’usage des narcotiques.

Jeff Richard:
Le but principal de la contrebande, c’est d’éviter l’impôt et le péage, ou de contourner les monopoles cultuels. Je ne pense pas que les Sartarites interdisent les narcotiques le moins du monde ; l’idée leur paraîtrait même bizarre. En revanche, ils lèvent des péages sur les marchandises et les marchés, et les gens cherchent à les éviter. En vérité, c’est de cela qu’il a toujours été question dans la plus grande part de la contrebande historique.

Scott Martin:
C’est vraiment intéressant. Impossible de ne pas remarquer que Krarsht et Lanbril ont l’un et l’autre de sacrés cuistots… je soupçonne qu’en Glorantha il y a des intoxicants « mauvais » (dangereux / asociaux / interdits), des « bons » (c’est ce qu’on suppose d’abord !) et puis des « maléfiques ». Il faut un chaman arkati pour trouver la ligne, en parlant aux alliés végétaux ou aux autres intelligences.

Linda Marieth Borgen:
Je ne suis pas très calée en canon, mais pour moi une part de la prohibition, du moins pour la brumia, vient du souhait des Lunars de restreindre les voyages dans le monde des Esprits pour les non-lunars, et de tenir ce genre de choses à l’écart de l’armée.

Keith Nellist:
Il y a beaucoup de détails dans la description de Waha dans Les Cultes de RuneQuest: les Porteurs de Lumière au sujet de la boisson aux champignons des elfes noirs. Cela se lit, pour moi, comme une sorte de monopole de la drogue contrôlé par les Chamans.

Jeff Richard:
Pour ce qui est des femmes orlanthi qui « répudient leurs maris pour des amants », Livre de Base RQG p. 427 dit : « Le mariage étant sanctifié par un serment divin, l’adultère est mal vu et parfois dangereux. » Et les « accusations d’adultère » figurent juste en dessous parmi les scandales de fin d’année. Faut-il passer outre ? Le mariage heortling semble très souple dans les autres sources.

Curtis Lyons:
Je pense qu’il s’agit du fait que beaucoup d’Orlanthi ne se marient pas pour la vie. Il y a les mariages d’un an, les mariages de lit, des serments nuptiaux qui autorisent les amants, etc. Ce n’est pas aussi tranché que dans d’autres sociétés.

Jeff Richard:
Tout juste. Et tout cela passerait pour de la licence sexuelle, de l’infidélité, et pire encore, aux yeux de la plupart des Péloriens des basses terres.

Samy Covo:
Les Lunars simplifient à outrance une culture qu’ils ne comprennent pas.

Rob Darvall:
Et une bonne part des récits sera filtrée par les fanfaronnades des soldats d’invasion.

Jeff Richard:
Mais il faut aussi garder à l’esprit que les deux cultures sont très différentes. Pendant ce temps, les Orlanthi racontent sans doute que les Lunars enferment leurs femmes dans des harems, qu’ils ne fréquentent que des prostituées ou des prêtresses (sans savoir faire la différence), qu’ils ont peur du sexe avec les femmes (c’est pour ça qu’ils représentent le vagin sous les traits de Gorgorma, évidemment), qu’ils ont peur de la nudité, et ainsi de suite. Et leurs tabous ! Je veux dire : ces Dara Happans sont pires que les yelmalions ou les humakti, et ça ne leur rapporte rien.

Je m’imagine les stéréotypes sur les Lunars un peu comme ça :

Monty Python - Upper Class Twit Of The Year


Et à leur décharge: les yelmalions vénèrent Ernalda, et non Dendara, docile et obéissante.

Nick Brooke:
Les yelmalions sont tout à fait pour les frontalières au tempérament bien trempé. Si tu t’accommodais d’épouses dara happanes ennuyeuses, tu serais resté au pays, dans l’ennuyeux Dara Happa.

Michael O’Brien:
Depuis le soi-disant « Été de l’Amour » du comte Varthanis II (1598), la brumia est illégale dans le Comté du Soleil, à Prax, pour des raisons d’orthodoxie religieuse. Ce qui est dommage, parce que la brumia pousse à profusion dans le grenier à blé du Dôme du Soleil si on ne la détecte pas. Récemment toutefois, les schismatiques du Dragon solaire qui tiennent un Dôme du Soleil en exil dans la Pavis d’Argrath ont relâché cette interdiction — et ils en raffolent, mais alors vraiment. Pour en savoir plus sur l’Été de l’Amour de Varthanis (et pourquoi vos parents du Dôme du Soleil rougissent et changent de sujet quand vous le mentionnez), voir la splendide série Sandheart en plusieurs volumes, aventures du Comté du Soleil dans le Jonstown Compendium: http://tiny.cc/tjc-sandheartv1

Nick Brooke:
Mon récit divergerait sur d’infimes détails : je crois que l’interdiction est venue avec l’avènement de Solanthos, en même temps qu’un paquet d’autres embardées puritaines fondamentalistes. Et je me demande parfois si la brumia poussait bien — ou seulement si elle poussait tout court ? — avant l’Été de l’Amour. La magie, quoi.

Michael O’Brien:
Oui, je pourrais dire : « Dans la réaction puritaine qui suivit les excès du soi-disant Été de l’Amour du comte Varthanis… »

Nick Brooke:
Comme toujours, on est sur la même page. (D’habitude parce que c’est toi qui l’as écrite ; parfois parce que je t’y ai traîné.)

Michael O’Brien:
Il est intéressant de noter que le Comté de Pavis a des sols et des pratiques agricoles très proches de ceux du Comté du Soleil, et que pourtant la brumia n’y prospère presque pas du tout…

Nick Brooke:
Quelle ironie historique : le comte en exil Belvani, amateur de brumia, se retrouve dans le Comté de Pavis, tandis que sa rivale la comtesse Vega, puritaine collet monté, dirige le Comté du Soleil.

Nick Brooke:
Impossible d’y voir le moindre scénario ou la moindre ouverture pour de la contrebande, n’est-ce pas. Voyons.

Keith Nellist:
Est-ce qu’elle se nourrit des pensées et des désirs refoulés, qu’elle libère ensuite quand on la fume ? Il faudrait alors des puritains qui répriment leurs fantasmes tordus — porter des vêtements de femme, paresser, parler aux fidèles des dieux des Tempêtes, ou porter une armure à la jambe gauche — pour qu’elle pousse bien. Dans le Comté de Pavis, il y a moins d’immoralité refoulée qui flotte dans l’air.
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