Photographies de Glorantha

Pour parcourir l'univers mythique de Greg Stafford !

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Dunes dans la Désolation, par Mars Curiosity Rover (2015)

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Après une averse dans la Désolation (Désert d'Atacama, Chili, par Emilie Dickey)

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Message par 7Tigers »

Les Lacs Acides de Dorastor

Rassemblées par Rincevent sur https://www.2tout2rien.fr/le-volcan-dal ... -du-monde/
voici dun panaché de photographies du volcan Dallol en Ethiopie:
Situé dans le désert du Danakil, il se trouve à l’extrémité du lac salin Karoum à à – 136,8 mètres au-dessous du niveau de la mer.
Un paysage bizarre mêlant crêtes de sel, sources chaudes acides, montagnes de soufre, geysers de gaz et autres flaques d’acide.

Exemples (les autres sont à voir sur le site):

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par mauro gambini/flickr (CC BY-NC-ND 2.0)

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par Carsten ten Brink/flickr (CC BY-NC-ND 2.0)

Et en vidéo:

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Message par 7Tigers »

Jeff Richard:

Pour moi, Sartar est un croisement entre les Rocheuses près de Taos ou le Humphrey Peak près de Flagstaff avec le Tyrol et le Sudtirol. Quelques visions fugaces :

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Il faut considérer les Monts Quivin comme un massif situé entre les Monts des Tempêtes, plus bas, et les Bois de Pierre, beaucoup plus hauts. Les plus hauts des Bois de Pierre font honte aux Rocheuses. La Passe de Djoh Mith est probablement quelque chose d'aussi effrayant que la Passe de Loveland ou d'Independence au Colorado...
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Message par 7Tigers »

Jeff Richard:

Petite Crête de Feu Stellaire

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Je poste pas mal de photos pour donner une idée des choses qui me rappellent des endroits dans Glorantha. Vu l'endroit où j'habite (le Front Range du Colorado), il y aura beaucoup de Sartar et de Prax.

Les influences nord-américaines sur Glorantha - en particulier Genertela - sont beaucoup plus fortes que dans la plupart des autres univers de fantasy. Ironiquement, même si la carte de Greyhawk indiquait que la ville de Greyhawk était située sur les lacs, à peu près à la même position que Chicago, et d'autres correspondances de ce genre, cela ne s'est pas vraiment répercuté sur le cadre lui-même. La culture générale était pseudo médiévale européenne.

Genertela, d'un autre côté, contient beaucoup d'Amérique du Nord. Greg a commencé à le faire, et je l'ai définitivement poursuivi. Les histoires de ma grand-mère à propos de la famille qui cultivait sa hutte de terre dans la bande de Cherokee ont été intégrées dans les histoires de la colonie de la Passe du Dragon. Nouvelle Pavis est une ville frontière de l'âge de bronze du vieil Ouest. Et je ne peux m'empêcher de penser à Prax quand je vois des troupeaux de bisons et de pronghorns. J'ai vu des traces d'Arachne Solara à Spider Rock, et je sais que le Bloc se trouve près des Black Hills. J'ai même fait la fête au Dead Place et je suis monté à cheval dans les Assembly Rocks.
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Message par 7Tigers »

Jeff Richard:

Zola Fel: Rivière aux Berceaux

Si vous voulez vous faire une bonne idée de la Rivière aux Berceaux, le cours inférieur du fleuve Colorado, de Page à Yuma, est probablement l'une des meilleures sources d'inspiration dans le monde réel, et a certainement influencé Greg.

Le fleuve Colorado traverse les déserts de Mojave et de Sonora, permettant l'agriculture le long de ses rives. Aujourd'hui, il est très apprivoisé grâce aux barrages et aux systèmes d'irrigation, mais il était autrefois sujet à de nombreuses inondations, et il était possible de prendre un bateau à vapeur depuis Yuma pour remonter le fleuve jusqu'à Page.

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Prax & la Désolation

Le Mojave est une bonne source d'inspiration pour Prax, le désert de Sonora, encore plus chaud, représentant la Désolation de Genert. Peut-être que Phoenix elle-même est le marais de Gbaji (je plaisante, je plaisante).

De plus, plus loin dans le Mojave se trouve la source du Terrain de jeu du Diable (ou du moins son nom).

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Message par 7Tigers »

Andrew Logan Montgomery:

Où se Trouve donc la Passe du Dragon sur Terre?

Cela devient un peu académique ici. Je prie, cher lecteur, pour que cela ne vous dérange pas. Les chiffres marqués d'un (*) sont des notes de bas de page.

IMAGES MIROIRS

Glorantha n'est pas la Terre. Ce n'est pas une Terre « fantasy » ou même une Terre « mythique ». Pourtant, comme toute œuvre de fiction imaginative — un genre englobant, sans s'y limiter, le fantastique, l'horreur et la science-fiction — Glorantha est composée d'« échos » indéniables de la Terre, des reflets qui, en les observant, nous aident à mieux nous comprendre. C'est l'une des fonctions principales de la fiction imaginative, remontant jusqu'à la mythologie elle-même.

Ainsi, bien que Glorantha soit étrange, elle est aussi familière. C'est un monde plat sous un dôme céleste, avec les mondes inférieurs s'étendant dans l'obscurité en dessous... mais n'est-ce pas la Terre telle que l'Énéide ou la Bible la décrivent ? À l'aube en Glorantha, le soleil émerge des portes de l'est pour voyager à travers les cieux, et au crépuscule, il descend par les portes de l'ouest pour parcourir les terres des morts... mais des voyages similaires ont été accomplis dans les mythes de nos propres Grecs ou Égyptiens anciens. Le puissant Orlanth, l'une des principales divinités du cadre, était un redoutable chef guerrier, un porteur de foudre chargé de repousser le chaos et d'envoyer des pluies fécondatrices pour fertiliser la terre... mais cela le place parmi des dieux comme Indra, Perun, Tarhunt ou Thor. Comme notre propre reflet dans le miroir, lorsque nous regardons Glorantha, nous nous voyons nous-mêmes ; mais simultanément, tout comme le voyage d'Alice à travers le miroir, tout est différent.

En fait, avec Glorantha, nous avons souvent l'impression de reconnaître ce que nous voyons, mais nous ne parvenons pas toujours à l'identifier précisément. Il est souvent bien plus facile, dans d'autres mondes fantastiques, de reconnaître exactement ce que nous voyons. Dans Thedas de Dragon Age ou l'« Ancien Monde » de Warhammer, les reflets de notre monde sont beaucoup plus apparents. « Orlais » dans Thedas et la « Bretonnia » dans l'Ancien Monde sont indéniablement des reflets de la France ; les noms sonnent français, les cultures semblent (du moins stéréotypiquement) françaises, et l'emplacement de la nation sur la carte est essentiellement là où la France devrait se trouver (gardez à l'esprit que Thedas est essentiellement une Europe inversée). Regardez simplement la carte de l'Ancien Monde ci-dessous et vous pourrez facilement deviner quelles nations terrestres « Tilea », « Estalia » et « Kislev » reflètent. Retournez Thedas, et le lien entre les empires Romain et Tevinter devient clair.

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-- L'« Ancien Monde » de Warhammer

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-- « Thedas » de Dragon Age

En Glorantha, c'est rarement le cas. Une exception notable est Kralorela, une nation antique située sur les rivages orientaux du continent de Genertela. Kralorela est clairement le reflet de la Chine, de la Corée et d'autres civilisations d'Asie de l'Est. C'est probablement la culture gloranthane la plus facile à associer à quelque chose de terrestre (en dehors de cet hommage à Toho Co. Ltd nommé Loral).1* Mais la vaste majorité des cultures de Glorantha est impossible à identifier de cette manière.

Déplacez-vous vers le côté opposé du continent. Les régions occidentales de Fronela, Ralios et Seshnela nous rappellent immédiatement l'Europe ; la religion prédominante vénère un Dieu créateur unique dont le monde mécaniste, semblable à un mécanisme d'horlogerie, est régi par des lois immuables de la nature. Un Prophète unique a révélé les lois de ce Dieu au monde. Des sectes se disputent pour savoir ce que ces lois signifient réellement. Mais plus nous regardons, moins nous en sommes certains. Sous un angle, nous voyons la Chrétienté, mais sous un autre, le Judaïsme, le monde islamique ou le Zoroastrisme. Nous savons que nous reconnaissons cela, mais d'où ?

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-- Le continent septentrional de Glorantha, Genertela

La réponse réside dans les fondements mêmes de Glorantha. Elle ne s'intéresse guère à la géographie, à l'histoire ou à la culture terrestres. Glorantha ne reflète ces choses que dans la mesure où elles soutiennent son objectif principal : le reflet des mythologies terrestres. Je soupçonne que Kralorela reflète si fortement la Chine parce que — en tant que région ancienne et largement isolée — les mythologies chinoises étaient très autonomes. Mais le monothéisme occidental ? Il est né au Proche-Orient, se propageant comme une traînée de poudre. Le protestantisme, le catholicisme et l'orthodoxie orientale remontent aux mêmes sources que le sunnisme et le chiisme, jusqu'à Zarathoustra et ses Mages. Tout cela se reflète dans le « réservoir mythique » de la culture occidentale de Glorantha. Nous ne sommes pas certains de quelle culture terrestre nous voyons exactement, car nous en voyons tellement de cultures à la fois.

Tout cela nous amène à la question qui titre ce texte : « où sur Terre se trouve la Passe du Dragon ? »

LES PROTO-INDO-EUROPÉENS

Située au centre-sud de Genertela, la Passe du Dragon est le centre des récits se déroulant en Glorantha depuis White Bear and Red Moon. Si vous avez joué à RuneQuest, Hero Wars, HeroQuest, King of Dragon Pass ou 13th Age Glorantha, vous y avez probablement séjourné. Vous connaissez le royaume barbare de Sartar et sa lutte contre les forces d'occupation de l'Empire Lunar. Vous avez entendu parler des chaînes de montagnes qui sont des dragons titanesques endormis. Vous connaissez Kero Fin, la plus haute montagne du monde. Paradoxallement, nous en savons plus sur la Passe du Dragon que sur n'importe quel autre endroit de Glorantha... et pourtant, c'est l'une des régions les plus difficiles à « situer » sur la carte de notre propre monde. De qui les Sartarites sont-ils le reflet ? Existe-t-il un endroit dans notre propre monde semblable à cette région montagneuse et contestée ?

Lorsque j'ai visité la Passe du Dragon pour la première fois en 1982, on m'avait décrit les Sartarites comme des « vikings sans navires ».2* C'était une perception courante à l'époque. La Passe du Dragon était vaguement d'Europe du Nord, avec des barbares adorant les tempêtes combattant un empire. Pour les adolescents américains, c'était l'association la plus facile à faire. Nous avions étudié les invasions romaines de la Germanie, de la Gaule et de la Bretagne, et de la faible mythologie que nous connaissions, Orlanth (le dieu principal des Sartarites), maniant la foudre, semblait bien plus proche de Thor que de Zeus.

Cela ne m'a pourtant jamais convaincu.

Je suis tombé amoureux de la mythologie bien avant de découvrir Glorantha. À l'école primaire, j'étais rarement loin de mes exemplaires usés des récits de mythes grecs ou nordiques des D'Aulaire. Les autres enfants avaient Batman et Spider-Man. Moi, j'avais Hercule et Jason. J'avais onze ans la première fois que j'ai mis les pieds en Glorantha, et j'ai tout reconnu immédiatement. Mais même à cette époque — une décennie avant que la mythologie ne devienne ma carrière académique — je connaissais des dieux comme l'Indra védique ou le Perun slave, assez pour me demander pourquoi mon groupe de jeu supposait si facilement qu'Orlanth devait être Thor. J'ai pourtant suivi le mouvement, et ce n'est que lorsque je dirigeais des parties de RuneQuest à l'université que j'ai commencé à réfléchir plus profondément à ce que la Passe du Dragon pouvait bien refléter, et à qui elle pouvait faire écho.

En tant qu'étudiant de troisième cycle, j'étais à Washington DC pour étudier le sanskrit et l'indologie,3* mais ma véritable passion était les mystérieuse populations proto-indo-européennes, ou « PIE ». Un peuple hypothétique, dont la supposée existence à la fin du Néolithique et au début de l'âge du Bronze répondait à un grand nombre de questions. Pour commencer, il y avait la preuve linguistique, ce que nous appelons les langues « indo-européennes ». Compte tenu des règles de la « dérive » linguistique, ce lent changement des mots au fil du temps, il est clair que de nombreuses langues en Europe et en Asie centrale et méridionale provenaient de la même source. Compter en sanskrit, par exemple, donne eka, dva, treeni, chatvaari, pancha, tandis qu'en grec ancien c'est ena, duo, tria, tessera, pente. La corrélation est facile à établir.

Une autre preuve solide est l'existence d'une littérature épique à travers tout le spectre des langues indo-européennes. L'Iliade, l'Odyssée, l'Énéide, les Eddas, le Ramayana, le Mahabharata et bien d'autres sont autant de poèmes épiques qui chantent les dieux, les héros et les guerres. De plus, ils contiennent les mêmes formules figées. « La gloire impérissable », « la roue du soleil », « le bétail et les hommes » (utilisé pour décrire la richesse, comme dans « il possédait beaucoup de bétail et d'hommes ») et « la mer d'un bleu sombre » apparaissent de manière répétée. Cela suggère que ces récits ont été transmis à partir d'une même source. D'innombrables générations de tradition orale ont préservé ces formules figées alors même que les histoires évoluaient à mesure que les cultures s'éloignaient les unes des autres.

Bien sûr, pour moi, l'argument le plus convaincant était mythologique. Les cultures indo-européennes partageaient des divinités et des schémas mythiques remarquablement distinctifs. Il y avait, par exemple, une dichotomie constante entre deux divinités « paternelles ». D'un côté, il y avait un père distant, omniscient, associé au ciel, au mystère et à la création (Woden, Ouranos, Varuna). De l'autre, il y avait une figure paternelle — souvent son fils — associée au tonnerre, aux pluies, au bétail, aux chefs et à la famille (Thor, Zeus, Indra). Cette seconde divinité était généralement la plus vénérée, car la première était trop lointaine et inaccessible. Partout où nous le trouvons, il manie la foudre, parfois sous la forme d'une hache ou d'un marteau, parfois sous celle du vajra à trois lames. Il était le modèle de chef pour la culture, le modèle de figure paternelle, le modèle du guerrier.

En d'autres termes, c'était Orlanth.

Plus j'en apprenais sur les PIE, plus ils me ressemblaient, mes bien-aimés Orlanthi. D'après toutes les preuves que nous avions rassemblées à leur sujet, nous savions qu'ils étaient des agriculteurs pasteurs qui considéraient le bétail comme la mesure de la richesse, qu'ils possédaient une forte tradition orale de sagas héroïques et qu'ils vénéraient un dieu de l'orage, et qu'ils avaient tendance à voir le dirigeant idéal comme un seigneur de guerre plutôt que comme un roi héréditaire. Même dans les schémas migratoires des Orlanthi, je voyais un reflet des Indo-Européens. En regardant une carte des Orlanthi en Genertela, après quelques cocktails, on pourrait vous pardonner de penser que vous contemplez les populations indo-européennes de Yamna ou de la culture de la Céramique Cordée.

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-- Dispersion des Orlanthi en Genertela

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-- Les Indo-Européens en Europe

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-- Berceau et migrations de la PIE

Lorsque ma thèse fut achevée,⁴* l'idée des Orlanthi comme reflet des anciens peuples de la PIE était fermement ancrée dans mon esprit. Pour moi, cela signifiait que la Passe du Dragon ne pouvait plus être « d'Europe du Nord ». Tout comme les Orlanthi sont originaires de la Passe du Dragon avant de se propager à travers Genertela, les Indo-Européens ont également trouvé leur origine quelque part. La Passe du Dragon est devenue, dans mon esprit, le Caucase.⁵*

LE CARREFOUR D'UN CONTINENT

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-- Quivins... ou le Caucase ?

Si nous comparons la Genertela à l'Eurasie, la Passe du Farron et le Caucase occupent approximativement la même position centre-sud. Chacun est le carrefour d'un continent, une région montagneuse qui a vu naître des adorateurs de la tempête. Il existe également de nombreux autres parallèles intrigants.

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-- Un village moderne dans la région.

Nous avons mentionné l'Empire Lunar ; comme toutes les cultures de Glorantha, c'est un « réservoir mythique » et celui-ci combine les images mythiques de plusieurs empires anciens. Il est facile de voir les Romains dans les Lunars, mais la dynastie indienne des Gupta est tout aussi évidente. En effet, avec des racines remontant à Mohenjo-daro et Harappa (Dara Happans), une histoire mythique décrivant une dynastie Solaire remplacée par une dynastie Lunar, et une déesse de la guerre suprême qui apporte l'éveil et le salut à ceux qui l'aiment tout en faisant pleuvoir la destruction sur ses ennemis (il est difficile de lire les récits de Durga dans le Devi Mahatmya sans voir la Déesse Rouge), les corrélations entre les Gupta et les Lunaires sont puissantes. Bien sûr, nous percevons aussi l'Empire achéménide à travers des éléments tels que les « satrapies » lunars et l'iconographie de divinités comme Yelm. Cet empire perse correspond, à bien des égards, mieux aux Lunars : plus proche de l'âge du Bronze que les Romains, et bien plus « exotique ».

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Je mentionne cela parce que le Caucase fut l'endroit où les Achéménides furent stoppés. Entre 513 et 12 av. J.-C., Darius Ier y mena une campagne, mais la « liste des satrapies » d'Hérodote ne permet pas de savoir si les Perses purent tenir la région longtemps. Les preuves suggèrent que certains royaards demeurèrent sous domination perse pendant une courte période et que d'autres versèrent un tribut, mais que, dans un avenir proche, la domination perse fut renversée. Les Perses s'étendirent à travers le monde antique, mais le Caucase montagneux et ses adorateurs de la tempête furent le mur contre lequel leur expansion se brisa.

Ce qui me fait penser à ce qui se produit en Passe du Dragon.

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Il existe plusieurs autres parallèles intéressants qui méritent d'être mentionnés. Le premier est sans conteste le mont Elbrouse.

La plus haute montagne de Genertela est Kero Fin, la mère d'Orlanth, qui surplombe la Passe du Dragon. La plus haute montagne d'Europe est l'Elbrouse, qui domine le Caucase. Les anciens Perses l'associaient au mont Qaf, la montagne mythique la plus haute du monde. Elle est d'ailleurs appelée « la mère de toutes les montagnes ». La tradition avestique associait l'Elbrouse — et la région du Caucase qui l'entoure — au champ de bataille du Saoshyant, un héros eschatologique qui devait vaincre la personnification du Mal et refaire le monde entier. Cela ressemble à s'y méprendre à la guerre d'Argrath contre l'Empire maléfique.

Fait intéressant, l'Elbrouse possède deux sommets. On dit que le second des deux est en réalité un dragon endormi. Cela ressemble bien plus encore que cela aux chaînes de montagnes que l'on trouve en Passe du Dragon. Et, irrésistible pour les amateurs de mythologie grecque, le Caucase fut également le foyer de l'ancienne Colchide, destination des Argonautes et demeure de Médée. Dans l'imaginaire grec, c'était une terre imprégnée de magie et, bien entendu, un lieu de reproduction de dragons. Les Perses l'associaient eux aussi aux dragons.

En guise de note accessoire, les Orlanthi, qui entretiennent des liens avec les lynx de la même manière que de nombreux peuples s'associent aux chiens, seraient ravis d'apprendre que le Caucase terrestre abrite une espèce indigène de lynx.

Enfin, il convient de souligner qu'au sud du Caucase se trouve la Mésopotamie, centre urbain du monde antique. Les terres fertiles entre le Tigre et l'Euphrate ont vu naître de grandes cités-États comme Ninive, Ourouk, Sumer et Babylone. Cette région reflète magnifiquement les terres situées juste au sud de la Passe du Dragon, l'Esrolia, centre urbain de la partie centrale de Genertela. Bien que certains éléments de la culture de l'Esrolia reflètent fortement la Crète minoenne, il est difficile de contempler une cité comme Nochet — dont la population rivalisait avec celle de Babylone — sans penser à la Mésopotamie. La proximité de ce « pays sacré » avec le Caucase constitue un autre argument de poids pour comparer cette région et la Passe du Dragon.

VOTRE GLORANTHA VARIERA

Glorantha résiste aux identifications de type « un pour un » possibles dans d'autres mondes fantastiques. Principalement, comme nous l'avons vu, parce que ses cultures sont davantage des reflets de systèmes de croyances et de thèmes mythiques que de véritables civilisations terrestres. Les nomades de Prax ne sont ni des tribus des plaines d'Amérique du Nord, ni des Bédouins arabes, mais quelque chose dont nous pouvons percevoir les nuances dans les deux. Mais en plus de cela, Glorantha a désormais plus de 50 ans, et avec le temps, elle a évolé pour devenir quelque chose qui lui est propre. La description de la société Malkioni occidentale dans Genertela de 1990 : Creuset de la Guerre des Héros évoque bien plus l'« Europe du Haut Moyen Âge » que celle de Le Guide de Glorantha de 2014. En tant que cadre de jeu, elle a, tout simplement, grandi et forgé sa propre identité.

Mais Glorantha ne résonnerait pas en nous, elle n'aurait aucune signification, si elle ne reflétait pas le monde que nous connaissons. Le fait qu'elle ait réussi à nous captiver pendant quarante ans témoigne de la mesure dans laquelle elle reflète nos propres visages.

Les Indo-Européens sont — tout comme n'importe quelle culture gloranthienne — une sorte de construction, un « réservoir mythique ». En créant les Orlanthi, je ne pense pas que Greg Stafford ait eu besoin de fusionner plusieurs cultures et flux mythiques comme il l'a fait pour des peuples tels que les Lunars ou les Malkioni, car avec les Indo-Européens, les chercheurs l'avaient déjà fait pour lui. Orlanth reflète un grand nombre de dieux du tonnerre historiques, tout comme son homologue tout aussi imaginaire, Dyḗus Phtḗr (un nom hypothétique PIE signifiant « père céleste ») le fait. Il est Thor, Perun, Zeus, Indra et Jupiter simultanément... et aucun d'eux à la fois. Rappelez-vous, les cultures de Glorantha sont des miroirs... et chacun de nous voit quelque chose de différent lorsqu'il se tient devant le miroir. Votre Glorantha variera.

Dans « ma » Glorantha, les Orlanthi de la Passe du Dragon ont plus en commun avec l'ancienne Colchide, la Médie ou l'Ibérie qu'avec les Norrois ou les Celtes... mais le cas est différent en Fronela et à Loskalm. En Passe du Dragon, l'iconographie montre Orlanth avec un vajra. Dans ces régions septentrionales, il porte un marteau ou une hache. Dans « ma » Glorantha, le conflit Lunar-Sartar ressemble plus à 300 qu'à Braveheart. J'aime mes Lunars persans avec une forte touche de l'Inde Gupta. Encore une fois, la vôtre variera.

Et remerciez Orlanth pour cela.

NOTES

1* Bien que techniquement Gamera appartienne à Daiei Films et Kong à RKO Pictures.

2* En réalité, mon premier MJ de RuneQuest m'a dit de les voir comme des « vikings sans navires ou des Hommes du Rohan sans chevaux ».

3* J'ai eu la chance d'avoir de bons mentors. En tant qu'étudiant de premier cycle, j'ai étudié sous la direction de Thomas Coburn, dont Encountering the Goddess: a translation of the Devi-Mahatmya and a Study of its Interpretation et Devi Mahatmya, The Crystallization of the Goddess Tradition sont hautement recommandés à tout dévot de la Déesse Rouge. En tant qu'étudiant de troisième cycle, j'ai étudié sous Alf Hiltebeitel, dont Gods, Heroes, and Krsna: A Study of the Mahabharata in relation to Indian and Indo-European Symbolisms et The Ritual of Battle: Krishna in the Mahabharata pourraient changer votre perception d'Argrath.

4* The Lotus and the Lioness, Sacral Kingship in the Mythologies of Durga and Sri. Je garantis que cela endormira même les insomniaques les plus désespérés parmi vous.

5* Il existe des théories divergentes sur l'origine exacte de la PIE. Marija Gimbutas, par exemple, la situe juste au nord des steppes pontiques-caspiques. Vous pouvez probablement deviner à quelle théorie j'adhère.
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