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Une loterie suspecte

Publié : mer. 21 sept. 2016 16:55
par Nemesis
Préambule : Je n'ai pas eu l'occasion de poster ce rapport de partie jusqu'à présent à cause de soucis d'inscription. Ceci relate ma première partie de Venzia avec deux joueurs aléatoires. Un qui s'est montré sérieux et l'autre beaucoup moins. Il est donc possible que certains passages semblent fortement "rattrappés" ce qui n'était pas prévu à la base.
Comme je découvre cet univers, le scénario porte peut être des éléments discordants avec la conception standard de l'univers. Je remercie ceux qui les pointeront (mais pas taper, c'est un début :) ).
Salvatore, intendant de la Confrérie, les convoque pour une affaire embêtante. Une femme très agitée, épouse d'un employé de l'administration, vient crier à toutes les portes pour exiger que l'on vienne au secours de son amie disparue. Le mari de la femme prétendument disparue affirme qu'elle a gagné une croisière d'une semaine sur laquelle elle est partie il y'a deux jours. N'en croyant pas un seul mot, depuis deux jours elle vient crier à l'enlèvement et au complot auprès de la garde et de la milice. Elle a même tenté de forcer le passage dans le palais du Doge pour exiger que l'on s'occupe de son cas. Elle a été expulsée manu militari mais cela ne l'a pas refroidie pour autant. L'arrêter officiellement donnerait certainement du crédit à ses allégations farfelues de complot. Salvatore veut que vous vous en occupiez avant que la situation ne dégénère. Que ce soit en éclaircissant la situation, en la persuadant ou autrement, le tout est que l'on n'en entende plus parler.

Une visite chez cette femme dans le sestiere Rialto (et chez la vieille dame un peu sourde qui habite en bas au passage. Et chez la voisine d'en face aussi.) révèle qu'elle est partie il y'a peu en direction de la demeure principale de la famille Contarini en vue de s'introduire dans une réception familiale pour exiger qu'ils fassent quelque chose. Au vu des récents assassinats dont a souffert cette famille, s'introduire chez eux a de fortes chances de se finir par la prison ou la mort. Si la gueule brûlée a bien du mal à courir jusque là, l'artiste trotte comme un cabri, regarde la femme escalader l'enceinte tout en papotant avec les gardes. Lorsque cette femme arrive en haut du mur, l'artiste la dénonce et l'alerte est donnée. L'artiste escalade également l'enceinte, plaque un garde par mégarde, puis plaque l'intruse. Les deux femmes sont arrêtées et placées temporairement en détention dans le but d'être interrogées après la réception avant d'être livrées aux autorités. L'artiste se moque dangereusement des gardes en parvenant à quitter sa cellule puis en allant les voir, puis en faisant des trous dans le mur de pierre, incriminant des termites.

Pendant ce temps, le mécano va voir au Rialto l'époux de la femme prétendument disparue qui s'en tient à sa version. Sa femme lui a dit avoir acheté un ticket de loterie à la compagnie des mers du sud et a remporté une croisière d’agrément d'une semaine sur un de leurs navires. Il ne connait pas vraiment tous les détails de la transaction. Tout semble concorder mais l'homme semble anormalement tendu et anxieux lorsque l'on aborde le sujet de sa femme.

Il va ensuite à la boutique de la compagnie des mers du sud. Étonnamment, elle ne se trouve pas au port mais dans un quartier résidentiel des Piani di Borghia. C'est visiblement une petite bâtisse en mauvais état qui a été très rapidement et sommairement réparée. Le vendeur est visiblement très peu aimable et, puisque ce visiteur ne veut pas acheter de billet, lui n'est pas là pour vendre des informations (qui plus est à un quidam lambda). Il se rend ensuite au port, mais, sans le nom du navire, de son capitaine ou d'une éventuelle cargaison, la capitainerie ne peut pas vraiment l'aider. Il pensait aller à la taverne du coin mais oublie finalement cette idée. Il retourne à la boutique histoire de pousser un peu plus son interrogatoire et d'avoir des informations à recouper mais est accueilli encore plus fraîchement que la dernière fois. Il finit par s'énerver et sort son hippogriffe pour le passer à tabac. Il parvient à l’assommer mais son complice parvient à s'enfuir par la fenêtre pour rejoindre une gondole à vapeur qui s'éloigne sur le canal. Il reste alors dans l'arrière boutique après avoir attaché son précédent adversaire en attendant qu'il se réveille pour l'interroger. Il constate déjà qu'il porte sur lui une série d'armes dissimulées bien inhabituelles pour un vendeur. Mais, concentré sur son prisonnier, il se fait surprendre par les renforts qu'est allé chercher le complice en fuite. A l'aide de son armure Hippogriffe, il n'a pas de mal à les faire battre en retraite (en en tuant un one shot et le second, mal en point, se suicide en essayant d'empoisonner le mécano au passage... dont l'armure est heureusement étanche), non sans qu'ils aient pu achever le prisonnier.

Frustré, il retourne au domicile du mari afin de lui faire part des avancées de l'enquête concernant les hommes qui organisent le voyage de sa femme. De plus en plus anxieux, l'homme tremble même s'il n'en laisse rien paraître. Mais sous la tasse de café qu'il lui sert, un discret et court message au charbon résonne comme un appel à l'aide "Chercher les autres".

Allant faire un rapport provisoire à Salvatore, ce dernier lui assure qu'il se débrouillera pour faire libérer sa coéquipière mais le mécano ne semble pas emballé par l'idée et demande s'il ne serait pas judicieux de la laisser croupir en prison. Salvatore reste songeur et affirme qu'effectivement il va falloir qu'il estime si ses bénéfices valent les tracas multiples qu'elle ne cesse de provoquer. Ceci mis à part, Salvatore pense que le message doit désigner d'autres femmes dans le même cas que celle de l'employé de l'administration. Et pour qu'il soit au courant, c'est surement des femmes de certains de ses collègues. Pour savoir qui est ciblé sans que cela ne sonne trop de sirènes d'alarme, ils organisent une loterie dont le prix est d'aider au foyer les employés du Rialto dont la femme est temporairement partie.

Pendant ce temps, un allié de Salvatore, dirigeant un hôpital psychiatrique, négocie la libération de l'artiste contre faveur. Cette dernière ne lui facilite en rien la tâche. Le directeur use alors de moyens, d'abord discrets puis de moins en moins, pour qu'elle se taise et qu'ils puisse la faire sortir. Lui et Salvatore discutent ensuite de la pertinence de lui confier cette femme pour expérimenter sur elle de nouveaux traitement pour soigner la folie. S'esquivant, elle rejoint son coéquipier. Le dépouillement du scrutin donne trois candidats potentiels qui travaillent dans le même service et dont les femmes se sont absentées. Leur rendant visite, les trois semblent anxieux et leurs épouses sont toutes trois parties en même temps avec la même loterie.

Ne connaissant que peu le Rialto, ils s'adressent aux moyens de la Confrérie pour trouver le point commun entre ces trois personnes. Salvatore devient blême en recevant la réponse. Tous trois sont redondants sur le même sujet. Ils détiennent mentalement la liste des gens habilités à venir préparer la réception du Doge qui se déroule... actuellement. Se ruant vers le palais du Doge, ils arrivent alors que des Pervertis sont déjà lâchés dans la salle de réception. Tandis que Salvatore essaye de mettre à l'abri les invités et que les gardes protègent le Doge et combattent les scélérats qui ont monté le coup, les PJs revêtent leurs armures Hippogriffes et affrontent les Pervertis car les renforts arriveront probablement trop tard. Le combat est difficile mais se termine sans trop de casse. Ils repoussent ensuite les scélérats, les massacrants jusqu'au dernier malgré l'envie du mécano d'en conserver un en vie pour l'interroger, envie guère suivie par sa coéquipière qui aurait pu réussir à en assomer un.

Le complot est temporairement déjoué et les femmes des employés sont libérées quelques jours plus tard (les employés ayant tenu leur langue). Par contre, difficile pour les spectateurs de trouver une explication cohérente à ce qui vient de se passer. Ils sont malgré tout félicités pour leur travail. Le sort de l'artiste est par contre indécis pour le moment.

Re: Une loterie suspecte

Publié : mer. 21 sept. 2016 17:47
par Dox
Super, un nouveau compte-rendu de partie ! Merci beaucoup pour ton partage Nemesis ! :)

Re: Une loterie suspecte

Publié : ven. 23 sept. 2016 07:49
par Mithriel
Très bon scénar, tu aurais des infos en coulisses à transmettre pour compléter ?

Re: Une loterie suspecte

Publié : ven. 23 sept. 2016 11:21
par Nemesis
Merci :).
Hm...
- J'ai joué la femme hystérique comme la confidente de son amie disparue ("si elle était partie en croisière, elle m'en aurait forcément parlé avant"), mais en laissant planer le doute sur un attachement et une relation moins avouable.

- Les vieilles dames sourdes, c'est toujours un plaisir à jouer dans les enquêtes de voisinage en jouant sur les sonorités, mais il vaut mieux le faire en début de scénar quand le ton est encore léger.

- Lorsque les PNJs dont les femmes sont tenues en otage sont interrogés, la difficulté est de conserver une histoire cohérente qui se tient tout en exprimant leur nervosité. Un point que j'ai utilisé aussi, c'est que leurs histoires sont cohérentes MAIS certaines phrases ou locutions sont les même chez les trois comme si on leur avait soufflé leur texte. Ca met la puce à l'oreille.

- Les types en poste au comptoir de la compagnie des mers du sud sont désagréables mais pas menaçants. Ils n'ont pas envie d'avoir des clients, ni de trop attirer l'attention. Ils ne cherchent évidemment pas de "clients" mais vendront des tickets si on le leur demande. Si on leur demande une place pour une croisière prochaine, ça se complique. Ils jouent le jeu mais se trouvent rapidement un peu embêtés si les joueurs veulent voir certains de leurs bateaux ou avoir leurs noms (que la capitainerie n'aura pas enregistré de toute manière). D'une manière générale, ils sont très réfractaires aux questions et aux personnes trop curieuses.

- Faire trop de vagues ou de bruit dans leur enquête, surtout auprès des trois membres du rialto surveillés peut entrainer l'organisation "d'accidents" malheureux à base de chute d'objets lourd, de sabotage de moyens de transport, etc.

- Comme c'était une première partie pour moi et pour les joueurs, ils se sont parfois basés sur Salvatore pour avoir des informations sur le fonctionnement de la cité, ce qui est pratique.

- Cette intrigue n'est pour moi que le début d'un complot, les membres au bas de l'échelle étant des fanatiques qui n'hésitent pas à mourir ou à tuer les leurs pour éviter d'être pris vivants ou interrogés. S'ils sont visiblement en train de perdre et qu'il n'y a pas de fuite possible, sauter d'une grande hauteur (en essayant d'emporter un adversaire avec lui par exemple) ne leur font pas peur. Ils ont du poison sur eux et en général il faut en assommer un pour le prendre vivant. Si les joueurs ont un coup de bol et peuvent en interroger un, l'interrogatoire sera compliqué, l'homme ne voulant rien lâcher. On peut finir par lui faire dire des phrases semblant sortir tout droit d'un livre sacré du style "Et l'ombre du loup recouvrira la pierre, et les brebis chuteront des flèches d'albâtre. Morts ou vivants, seuls les fidèles sortiront alors des flots pour revendiquer leur héritage.". Je n'ai pas encore bien décidé de ce que j'allais en faire, mais ça me fera surement une trame intéressante à exploiter. Au niveau des fidèles, l'horreur devrait gagner en intensité au fil des aventures, n'hésitant pas à en faire des bombes bactériologiques humaines ou usant d'automutilation pour déclencher quelque chose. Un peu de cannibalisme de personnes proto-compatibles aussi pour essayer vainement ou non de s'en accaparer le potentiel, un PJ qui se fait manger des morceaux, ça fait toujours son petit effet. Je ne sais pas encore s'ils vont être manipulés par le Fungus en pensant être capables de se servir de certains de ses éléments ou non, mais ça peut être intéressant pour la cause du Fungus de lâcher un peu de lest au niveau de l'acqua malefacente vis à vis de ce culte tout en les orientant vers les cibles adéquates. Par contre, je leur ai laissé une certaine forme d'honneur (les otages sont libérés à la fin si les époux ont tenu leur parole) qui peut paraître étrange. A voir si c'est judicieux ou non, mais malgré leurs pratiques extrêmes, ils ne se voient pas comme des criminels. Ils sont plutôt les élus d'un nouveau monde et ils doivent prouver leur valeur pour se montrer digne d'en faire partie.

Re: Une loterie suspecte

Publié : sam. 24 sept. 2016 06:57
par Mithriel
Si un jour tu le rédiges, pense à la Scénariothèque ! ;)